Le Livre blanc des salles obscures




Un film se découvre d’abord et avant tout dans une salle de cinéma.

Cette dernière possède deux caractéristiques exclusives qui fondent cet avantage. La première est la taille de l’écran. Aussi beau que soit un home cinéma, l’écran d’une salle est toujours plus grand, et l’impression produite par l’image est ainsi plus forte et pénétrante. La seconde raison est que le cinéma en salle est aussi une expérience partagée. Le spectateur ne regarde pas seulement un film, il en partage l’expérience avec tous les autres spectateurs présents. La salle de cinéma est un lieu de partage culturel, un des derniers rites culturels collectifs (avec les concerts). 

L’exploitant d’une salle de cinéma exerce en réalité une multitude de métiers et doit posséder des compétences très diversifiées. En plus de son travail d’animation et de programmation d’un lieu culturel, il doit aussi savoir en être l’architecte, apprendre à accueillir tous les publics, gérer les relations humaines, être le chef d’une véritable entreprise, dialoguer et négocier avec les élus locaux pour qui sa salle est souvent un atout indispensable de la collectivité et être l’expert de toutes les normes et règles qui s’appliquent aux établissements recevant du public. 

On l’aura compris, si l’exploitant de salles de cinéma est, du point de vue économique, un commerçant comme un autre, la portée de son activité est bien plus grande : élément de l’aménagement culturel du territoire, il participe de notre politique de civilisation. A ce titre, les pouvoirs publics ne peuvent ignorer ses difficultés et le laisser sans assistance.

Pour les exploitants, les défis à relever sont aujourd’hui nombreux : évolution des comportements de consommation de l’image, multiplication des médias et bouleversements technologiques pour ne citer que les plus menaçants. La chaîne de valeur du cinéma évolue ; les grands équilibres de ses composantes sont remis en cause.  Il appartient naturellement aux exploitants de savoir s’adapter, innover, être proactifs face à un métier dont les clés de succès et les lois fondamentales évoluent. Mais ce dynamisme risque fort de ne pas suffire s’il n’est pas accompagné d’une aide extérieure. Les contraintes nouvelles sont trop lourdes et les défis trop nombreux.

La FNCF a ainsi commandé à Olivier BABEAU, professeur de management à l’Université Paris VIII et chercheur à l’Université Paris Dauphine,  Le Livre blanc des salles obscures. Ce rapport présente un diagnostic objectif de la situation des exploitants de cinéma. Il veut souligner les efforts réalisés par la profession, mais aussi les injustices dont elle est la victime et qui font peser sur elle de nouvelles contraintes dont le poids pourrait s’avérer rédhibitoire pour la survie de leur activité. Des solutions sont enfin proposées afin de pérenniser des exploitations qui restent la clé de voûte du secteur du cinéma français.


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